Jean-Paul Dumas-Grillet est représenté par  Sylvie Hauser en Allemagne et Autriche.


Biographie

Jean-Paul Dumas-Grillet vit et travaille à Paris et Munich.


Expositions depuis 2008

En 2010:
Tokyo Art Club/ Palais de Tokyo - du 7 au 11 avril - Dans le cadre de la Fondation pour la Recherche Médicale
ZSart Gallery - Wien - European Month of Photography - novembre 2010

En 2009:
artparis - du 19 au 23 mars - Paris/Grand Palais - Galerie Vieille du Temple
Im Abendrot - video - Institut Français de Munich - juin 2010
Médiathèque de Martigues - juillet/août - exposition personnelle
Art Élysées - octobre 2009 - Galerie Vieille du Temple
Centre de Création Contemporaine de Tours - 21 novembre/21 février -
La collection d'art contemporain de la Société Générale par Claude Rutault (groupe: Valérie Belin, Stéphane Couturier, Thomas Demand, Jean-Paul Dumas-Grillet, Anne Garde, Werner Hannapel, Anna Malagrida, Philippe Ramette, Georges Rousse, Thomas Ruff...)

En 2008 :
Art Fair Tokyo - Hayakawa Gallery - Osaka (avril 2008)
Galerie de l'Hôtel Marceau Bastille - Paris (16 mai-30 septembre 2008)
Domitille Chaudieu, J.P Dumas-Grillet, Arthur Kleinjan - Galerie Vieille du Temple - Paris (octobre 2008)
Artélysées - Galerie Vieille du Temple (octobre 2008)

Collections
Bibliothèque Nationale de France
Château d'Eau de Toulouse
Musée Pétrarque
SACEM
Collection d'Art Contemporain de la Société Générale

Editions

Adorae Curieux Zamok (Le Chêne/Hachette, 1981)
Tombeaux de Sable et de Lumière (Fata Morgana, 1995)
La Sorgue Baroque (Clepsydre, 1998)
Studio, la Légende du Cinéma - Jean-Pierre Lavoignat (Albin-Michel, 2007)

Catalogues
La Matière, l'Ombre, La Lumère (B.N/Nathan, 1995)
Portraits/Visages (B.N/Gallimard 2003)
Photographies 2005-2007 - texte d'Adrien Goetz (Galerie Vieille du Temple)

Videos
Lonely Together (couleur, 15 minutes) - 2006
Nothing (noir et blanc, 9 minutes) - 2006
Daisy Skimmer (noir et blanc, 7 minutes) - 2008
In the Sweetness of Being (couleur, 7 minutes) - 2008

Films (auteur)
Im Abendrot (couleur et noir et blanc, 60 minutes)
avec Laura Schmid, Bérangère Andréo, Caroline Llorca

Films (Photographe de Plateau)
L'Appartement (Gilles Mimouni) - 1995
Le Goût des Autres (Agnès Jaoui) - 1999
Les Fantômes de Louba (Martine Dugowson) - 1999
Le Pharmacien de Garde (Jean Veber) - 2001
Le Rôle de sa Vie (François Favrat) - 2003
Comme une image (Agnès Jaoui) - 2003
Les Bottes (Renaud Bertrand) - 2003
La Belle et le Sauvage (Bertrand Arthuys) - 2004
Parlez-moi de la Pluie (Agnès Jaoui) - 2007

Films (scénariste)
Ils annonçaient du beau temps - 2010

L'Énigme au Carré

En paraphrasant la fameuse déclaration de Duchamp (le regardeur fait l'œuvre), on pourrait croire que chez Jean-Paul Dumas-Grillet le regardeur  invente plutôt l'histoire. C'est que ces photographies nous offrent des bribes de récits suffisamment universels pour permettre à tous et à chacun de s'y identifier.  De fait, derrière la fenêtre aux rideaux tirés un homme attend-il? Ce paysage brumeux enneigé cache-t-il des personnages? Et le lac est-il traversé par des bateaux? Pays inconnus et familiers, proches et lointains à la fois, paysages à la figure absente. Toutefois, ces lieux absorbés en eux-mêmes et reclus du monde, formant des ensembles clos et autosuffisants, suggérent mais ne racontent pas, montrent mais restent désespérément muets.
Un arrêt sur image alors? Peut-être, mais loin de chercher à capter le temps qui s'écoule, l'instantané atmosphérique, la sensation éphémère, la mobilité des êtres, c'est le temps suspendu qui s'impose ici. Images de silence, sans parole, à l'instar d'un écran de télévision sans le son. Le spectateur semble être séparé de l'espace dépeuplé, naturel ou urbain, par une vitre qui en étouffe les rumeurs; l'événement se situe hors de l'œuvre, de même que nous.
Et pourtant, comme dans le fameux film de Hitchcock, Fenêtre sur Cour, on devrait tout voir. Frontière entre le dedans et le dehors, la fenêtre permet, par sa transparence, la visibilité absolue: c'est un poste d'observation privilégié de la réalité.
Mais pas avec les photographies de Jean-Paul Dumas-Grillet. Chez lui, cet "échangeur" entre l'espace intérieur et extérieur ne joue pas le jeu, ne s'efface pas; au lieu de trouer l'espace, il est écran ou support. Le cadre neutre, quadrillé et d'une précision géométrique, endosse un rôle actif; les éléments de la composition deviennent des protagonistes à part entière, l'enjeu de l'œuvre se rabat sur la surface. Ces images prennent l'allure d'un décor de théâtre aux rideaux écartés où la mise en scène importe autant que le sujet. Tout rappelle le moment précédant la représentation. Mais ici, la repésentation n'aura pas lieu.

                                                                                         Itzhak Goldberg


 

 

crédits : longplaying.com